Mieux lutter contre la bétonisation des sols

Aujourd’hui la cause que je défends est un grand objectif écologique : celui de lutter contre la bétonisation et protéger la biodiversité. Mon principal moteur d’action est de sensibiliser les élus et les citoyens 

L’urgence écologique s’impose et n’aura pas faibli avec l’irruption du coronavirus. La rénovation du parc existant, et donc la limitation des démolitions considérée comme l’un des principaux leviers de la neutralité carbone, apparaît aujourd’hui comme une évidence. 

Les trois leviers pour diminuer l’impact ne sont pourtant pas irréalisables.

➢ Conserver l’existant au maximum en privilégiant la rénovation des bâtiments plutôt que la démolition 

La consommation énergétique et l’émission de CO2 d’un bâtiment en phase d’exploitation sont déterminantes dans son bilan environnemental mais l’impact de la construction elle-même l’est encore bien davantage. Ainsi l’impact de la construction dans le secteur tertiaire représente plus des trois-quarts du bilan carbone d’un m2 construit sur cinquante ans. Les calculs sont sans appel : casser pour reconstruire, c’est émettre encore plus de CO2 que ne le ferait la construction d’un bâtiment neuf sur un site vierge. 

Dans le « logement circulaire », une première solution prédomine : conserver les bâtiments existants au maximum et privilégier la rénovationL’autre priorité du système circulaire est de concevoir des matériaux qui peuvent être récupérés, recyclés et valorisés 

La question du traitement des déchets dans le bâtiment présente également des enjeux sur le plan sanitaire. La dégradation des intérieurs de plus en plus étanches et confinés provoque insuffisances respiratoires, allergies, nausées et maux de tête. 

➢ Essentialiser la matière notamment en mixant les matériaux pour tirer profit des atouts de chacun 

  • Matériaux biosourcés (faiblement émetteurs dans leur phase industrielle et stockant du carbone) 
  • La transition environnementale reposera sur l’association de bouquets de matériaux en combinant leurs atouts. 
  • Qu’il s’agisse de la diminution des quantités de béton ou la mise en œuvre de béton allégé en carbone, 
  • Une transformation des pratiques en ingénierie est nécessaire et chacun a un rôle à jouer à chaque étape des projets. Industriels, maitrises d’ouvrage, maitres d’œuvre et entreprises de travaux peuvent à leur échelle activer des leviers concrets pour faire évoluer la filière dans une trajectoire de sobriété carbone. 

 

Réduire l’intensité carbone du béton notamment en s’appuyant sur des solutions innovantes  

Il n’existe pas de définition normée d’un béton dit « bas carbone » 

  •  Le ciment est habituellement composé de clinker et de produits d’addition. Le poids carbone du ciment est principalement dû au clinker en lien à deux phénomènes principaux : La cuisson du clinker à 1450°C via des combustibles fossiles ou de substitution : responsable d’environ un tiers des émissions de GES. La décarbonatation du calcaire lors de la cuisson : responsable d’environ deux tiers des émissions de GES ts collectifs et 74% des bâtiments tertiaires sont construits en béton. 
  • Pour les maisons individuelles, l’utilisation du béton est minoritaire (2% pour les maisons individuelles et 14% pour l’industrie). Le béton est un mélange de plusieurs composants : ciment, eau, granulats et, le plus souvent, adjuvants qui constituent un ensemble homogène. Le béton est composé d’un liant hydraulique clé : le ciment provenant de la calcination du calcaire et de l’argile (le clinker). Le ciment ne représente en moyenne que 12% de la composition du béton. 

 Le premier levier est la diminution du besoin. La diminution des volumes de béton passe au travers de leviers architecturaux et techniques, avec notamment : 

  • Un design « léger », une essentialisation de la matière;Augmenter la compacité ; ce qui permet de réduire le déroulé de façade ; 
  • Optimiser la géométrie, tramer les bâtiments et faire plomber les structures pour limiter les reprises de charges (poutres, poteaux, épaisseurs de dalles…) 
  • Augmenter la classe de résistance des bétons permettant de réduire le volume ; 
  • Opter pour des structures légères (poteaux/poutres, bois), pour une réduction des fondations ; Varier les matériaux : constructions mixtes, Ne pas utiliser du béton pour des cloisons sans enjeux techniques particulier. 
  •  Recours aux bétons précontraints (jusqu’à 30% de gain en volume) ; 
  • Réduire les éventuels surdimensionnements 

Sabrina Hazan 

“Mieux lutter contre la bétonisation des sols” : ( https://pourunecause.fr/cause/mieux-lutter-contre-la-betonisation-des-sols )  

1 réflexion sur “Mieux lutter contre la bétonisation des sols”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page

Newsletter L'Union fait le Climat

Inscrivez-vous à la newsletter L'Union fait le Climat pour être au courant de toutes nos actions. Vous pouvez vous désabonner facilement à tout moment.