Sauvons les abeilles, Emmanuelle Falsanisi

Symbole du travail, de la sociabilité au sein de la ruche, mais aussi de la transmission par la pollinisation qu’elle opère, l’abeille est dans nos vies l’assurance de notre pérennité et de notre sécurité alimentaire.

80% des fleurs sauvages dans le monde et plus des ¾ des plantes cultivées dépendent de la pollinisation des abeilles. Et pourtant que leur offrons-nous en échange ? Réchauffement climatique, pesticides, agriculture intensive, virus, OGM et pollen de maïs transgéniques. Agissons contre ces phénomènes pour les protéger.

Le syndrome d’effondrement des colonies (colony collapse disorder)

Aux Etats-Unis, en Europe, partout dans le monde les populations d’abeilles sont en décroissance. Moins 25% en Europe entre 1985 et 2005. Ces derniers hivers en Europe, la mortalité était de 20% en moyenne, voire de 53% dans certains pays. Les Etats-Unis en manque d’abeilles pour la pollinisation des amandiers importent des abeilles d’Australie, de Chine, créant de nouveaux problèmes dus à l’arrivée de nouveaux virus venus d’environnement différents.

Le syndrome d’effondrement des colonies est un phénomène épidémique dont on ne connaît pas l’origine réelle. Nous supposons un faisceau de raisons qui font que l’effet est important.

1)     En premier les pesticides. Malformation, perte d’orientation, incapacité à reconnaitre les fleurs, mort. Sans parler bien sûr de l’impact sur le miel, la propolis, la cire. Les néonicotinoïdes qui rentrent à l’intérieur de la plante sont les plus tueurs.

2)     La deuxième cause tout aussi mécanique est le réchauffement climatique et ses effets sur les écosystèmes. L’année 2021 est en ce sens assez marquante. Hectares de forêts en feu partout dans le monde. Chaleurs étouffantes au Canada et aux Etats-Unis. Pluies torrentielles chez d’autres emportant tout sur son passage. Vagues de froid, de chaleur. L’abeille affamée et stressée meurt.

3)     La troisième est la baisse des zones de biodiversité. Les oiseaux nicheurs, tels les Gypaètes, chardonneret, particulièrement en danger, ne trouvent plus d’espaces pour eux. Artificialisation des sols, cultures intensives sans rotation des cultures, abandon des haies, assèchement des marécages… la liste est longue.

4)     Invasion de prédateurs comme le frelon asiatique, les acariens, les virus. Beaucoup d’apiculteurs amateurs achètent leurs reines sur les marchés asiatiques et les mélanges non contrôlés avec des ruches d’autres environnement peuvent créer des problèmes. Tout le monde n’a pas le talent de généticien du moine bénédictin Adam qui en 1920, pour lutter contre la mort de ses abeilles causée par un acarien, alla s’isoler dans les montagnes du Dartmoor pour croiser deux races d’abeilles : la noire et l’italienne pour en créer une plus résistante, la Buckfast.

Le plan pour s’en sortir ? combattre les causes du déclin et créer une dynamique

L’Europe a compris le danger des néonicotinoïdes. D’autres pesticides seront peut-être à supprimer également, mais il faut travailler avec les agriculteurs et avec les industriels. La PAC est bien sûr un cadre idéal de promotion de cette approche.

1)     Améliorer l’innocuité des produits phytosanitaires vis-à-vis des abeilles permettant cependant aux agriculteurs de nourrir la planète avec des rendements acceptables.

2)     Aider les abeilles dans leur rôle de pollinisateurs en favorisant des zones de biodiversité, des jachères, des rotations de culture en accompagnant les agriculteurs financièrement, mais aussi au plan de la formation, de la logistique. Des programmes de plantation de haies ont déjà commencé.

3)     Mieux accompagner les conversions vers la filière bio et en faire une force française de qualité

La filière apicole, qu’elle soit professionnelle ou amateur, doit être accompagnée au travers de :

1)     Initiatives citoyennes de type « adopte une ruche » où on participe au financement de la ruche, doivent être favorisées et encadrées ;

2)     Promotion de la filière apicole et valorisation des produits de la ruche ;

3)     Montée en compétence des apiculteurs professionnels et amateurs pour avoir plus de sélectionneurs et moins importer les reines de l’étranger ;

4)     Lutte contre les insectes tueurs et les prédateurs de toutes sortes.

L’industrie doit être intégrée dans cette approche ; agro tech, « Beetech » … on doit travailler sur le monde des abeilles pour mieux le comprendre et trouver des solutions venant du domaine de la génétique, l’informatique pour l’accompagner. Montons en compétence dans ces domaines et nous pourrons exporter notre savoir-faire pour influencer la planète.

Les villes, les villages, les entreprises doivent être intégrées dans ce système. Chaque parcelle de libre sur un parking, dans une cour, dans une rue doit avoir sa zone de plantes mellifères. Plantons des arbustes mellifères pour les abeilles et pour éviter le réchauffement de ces endroits. Un arbre ou arbuste ne satisfait pas que l’abeille. Il apporte une vie végétale et une ombre dans des villes qui vont souffrir de plus en plus de la chaleur.

Trop souvent les plans réalisés sont techniques et incompréhensibles pour la population. Evitons cela et communiquons, formons. C’est ainsi que nous trouverons une dynamique.

1)     Des kits de formations pour les élus, les entreprises, les maitres des écoles, les médias ;

2)     Organisons des adoptions de ruches au niveau des écoles, des villages et des villes ;

Nous devons nous impliquer. Les abeilles sont bien sûr une cause individuelle, locale, nationale mais aussi internationale. Travaillons pour elles car elles le valent bien.

Emmanuelle Falsanisi, porteuse de cause.

1 réflexion sur “Sauvons les abeilles, Emmanuelle Falsanisi”

  1. L’abeille souffre avant tout de l’appauvrissement des milieux naturels causé par l’agriculture intensive et spécialisée. Nos politiciens sont trop complaisants avec les lobbies FNSEA qui obtiennent des primes pour toujours plus de vaches à l’Hectare, le sol ne suffisant pas à les nourrir on importe du soja américain cultivé dans des conditions lamentables (deforestation). La soumission des politiques aux agriculteurs est un sujet tabou car c’est la seule catégorie qui est capable « de passer à l’acte » (dixit un député en privé). Je suis très pessimiste. M. Macron fait fausse route.

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