Les néonicotinoïdes : un débat sous haute tension – par Catherine Jagu

La réintroduction temporaire des néonicotinoïdes a opposé les défenseurs et les opposants des néonicotinoïdes sans que l’ensemble des dimensions humaines, économiques, environnementales, temporelles, juridiques et internationales ne soient présentées et mises en perspective au sein du débat public. Cette situation est caractéristique de nombreux sujets liés au réchauffement climatique, à la perte de biodiversité, à la pollution, qui font plus souvent l’objet de caricature politique que d’un débat sérieux et apaisé – ce que tous les sujets complexes exigent pourtant.

Pour progresser, toutes les dimensions du débat sur les néonicotinoïdes doivent être prises en compte et un pilotage rigoureux avec tous les acteurs aux bons niveaux doit être mis en place.

Tout d’abord, la bataille des scientifiques fait rage. Nous n’avons pas fini de mesurer et d’analyser l’impact des substances incriminées sur la faune et la flore, leurs effets cocktails, la diffusion des pollutions dans les sols – comme le montre l’étude récente mettant en cause l’imidaclopride [1]. Pendant plus de 50 ans, nous avons demandé aux scientifiques de trouver la façon la plus efficace d’éliminer les “nuisibles” afin de garantir notre souveraineté alimentaire. Les néonicotinoïdes, qui datent des années 1980, sont des insecticides neurotoxiques à très haute toxicité, très haute concentration, systémiques et très persistants. C’est pour cela qu’ils sont très efficaces pour éliminer les insectes qui s’attaquent aux cultures. Présentés comme favorisant l’agriculture de précision, puisqu’ils pouvaient être utilisés en enrobage des semences, leur usage s’est répandu dans le monde entier.

Nous bénéficions d’études systémiques et à grande échelle sur les effets des néonicotinoïdes sur la santé (cancérigènes, toxiques pour la reproduction, perturbateurs endocriniens) et l’environnement (persistance de plusieurs années, diffusion dans l’eau, l’air, le sol, hautement toxiques pour tous les organismes vivants). C’est au niveau européen qu’ont pu être mis en commun les moyens scientifiques, sous l’égide de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, pour construire pas à pas un outil réglementaire (directive 2009/128/CE[2]) de cadrage de l’utilisation des pesticides, dont les néonicotinoïdes. Il s’agit d’une réorientation majeure et nécessaire de la recherche scientifique et des politiques publiques.

De son côté, la bataille juridique française sur le sujet s’est déroulée en 2016 [3]lorsque Barbara Pompili avec d’autres a obtenu que « l’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes et de semences traitées avec ces produits est interdite à compter du 1er septembre 2018. » Cependant, dans ce genre de sujet, le changement ne se décrète pas par la loi, il doit s’accompagner : formations, aides à la conversion, recherche et développement d’alternatives, … et le tout coordonné avec le niveau européen.

Nous nous retrouvons donc en 2020 avec une loi pour faire “défaire” une autre loi, pour temporiser et venir en aide à la filière betteravière, en difficultés économiques depuis la fin des quotas sucriers en 2017 et la fin des aides européennes. Même si le Conseil Constitutionnel l’a approuvée, la question du principe de non-régression  environnementale reste à consolider.

Enfin, la bataille économique se joue à plusieurs niveaux pour la filière sucre:

  • Le marché des pesticides représente environ 60 milliards de dollars :

5 entreprises contrôlent 65% du marché. Selon Public Eye, un tiers de leurs ventes concerne des pesticides à haut risque et 10% les néonicotinoïdes.[5] Au niveau européen, les interdictions peuvent être efficaces (interdiction d’usage dans des conditions définies) mais les ONG soulignent l’incohérence qu’il y a à interdire l’usage tout en autorisant l’exportation. Cette mise en cohérence aurait un coût économique pour certains pays européens.

  • Le sucre est une « commodité agricole » :

Le 1er producteur mondial est le Brésil (>32 millions de tonnes) avec un modèle économique assis sur la culture de canne à sucre dans de grands domaines intégrés avec de la main‐d’œuvre journalière. La canne est cultivée sur des cycles de trois à cinq repousses avant replantation et il n’existe pas de culture alternative à celle de la canne à sucre. C’est ce business model industriel à bas coût et reposant sur un modèle social dégradant auquel sont confrontées les exploitations familiales européennes de betteraves semées annuellement et entrant dans une rotation de cultures. Entre ces deux modèles agricoles, dans une mondialisation ouverte, sans régulation, le résultat de la bataille est connu d’avance (La France produit 5 millions de tonnes et consomme 2 millions de tonnes).

C’est au niveau européen que se trouve la solution avec la nouvelle PAC qui met l’agriculteur au centre du dispositif et qui le rémunère pour les services environnementaux qu’il apporte. C’est une question de souveraineté.

Au cœur de toutes ces batailles, il y a des êtres humains qui ont besoin de vivre de leur travail, d’avoir un horizon et d’être reconnus. Pour réussir cette transition, ils doivent être accompagnés au quotidien dans cette transformation, dans les territoires, mais aussi sur la question des marchés mondiaux et des pressions financières. Cet objectif essentiel nécessite de mettre en cohérence les politiques publiques dans une approche systémique reliant alimentation saine, préservation de la biodiversité, adaptation climatique et souveraineté européenne.

Catherine Jagu

[1] Residues of currently used pesticides in soils and earthworms: A silent threat? C.PelosiaC.BertrandbG.DanielecM.CoeurdassierdP.BenoiteS.NélieueF.LafaycV.BretagnollefgS.GabaghE.VullietcC.Fritschd : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0167880920303534
[2] DIRECTIVE 2009/128/CE du 21 octobre 2009 instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable
[3] LOI n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000033016345
[4] http://www.arnaudgossement.com/archive/2020/11/14/principe-de-non-regression-14-universitaires-adressent-une-c-6276972.html
[5] https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/pesticides/analyse-ventes-pesticides-2018/les-tueurs-dabeilles

10 réflexions sur “Les néonicotinoïdes : un débat sous haute tension – par Catherine Jagu”

  1. Les « collapsologues dépressifs » comme Cyril Dion et Nicolas Hulot ont très facilement plongé dans les délires de madame Royal parce qu’ils aiment la nature mais ne la connaissent pas, ils veulent sauver la planète alors qu’ils n’ont jamais eu les pieds sur terre ! Ce qui tue massivement la biodiversité ce sont les alternances d’inondations et de sécheresses sur des périodes de plus en plus longues. Après les inondations, l’eau laisse la place à un véritable cimetière (faune et flore), en quelques mois la vie revient mais la sécheresse aussi … Les périodes « vivables » sont de plus en plus courtes ! La vie sur les continents a besoin d’eau de façon régulière, les excès sont destructeurs et la régulation optimale est faite par la végétation.

    « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré » (Einstein). François Gervais, scientifique relecteur des rapports du GIEC, dénonce depuis longtemps les incohérences à propos du carbone dans l’atmosphère et on sait depuis peu que le CO2 a un cycle de 60 ans depuis des millions d’années, il était effectivement en augmentation mais il est en train de se stabiliser sans raison anthropique !
    La dépollution des activités humaines est primordiale mais décarboner notre économie n’a strictement aucun sens pour le climat, les émissions de CO2 doivent diminuer en ville parce que vous n’aurez jamais assez de végétation pour l’absorber. A la campagne les taux d’oxygène est de CO2 sont normaux, d’ailleurs les ruraux sont bien moins malades que les citadins …

    1. Outre le fait que le débat sur le carbone est indépendant du débat sur les nicotinoides, votre intervention témoigne d’une incompréhension profonde du problème des gaz à effet de serres. Non le CO2 ne se stabilise pas, rien à voir avec un quelconque cycle de 60 ans. Les émissions ne cessent d’augmenter, malgré les engagements… Non tenus car non contraignants. La teneur en CO2 de l’air dans les campagnes ou de l’oxygène par rapport aux villes en’a également rien à voir avec le débat en cours ni le réchauffement climatique. Les problématiques de santé en ville sont plutôt rattachées aux niveaux de particules fines et de nanoparticules. Pour revenir à la baisse de la biodiversité, certe le changement climatique joue, comme l’artificialisation des sols. Mais les pratiques de l’agriculture intensive à fort intrants de pesticides est clairement à l’origine de la baisse de e la biodiversité des insectes en premier lieu, puis des oiseaux qui les consomment. Puis comme le modèle d’agriculture intensive s’accompagne de modification de l’occupation du sol, on assiste également à une destruction de nombreux éléments de nature (haies, bosquets, bandes herbacées, prairies…) qui sont très importants pour la biodiversité, mais détruits car sans intérêt productif. Il y aura toujours un argument économique pour justifier le maintien d’une pratique délétère. Les agriculteurs produisaient avant les nicotinoides et produiront après. A un moment donné, il convient de placer les arguments concernant la protection de la biodiversité et du bien être humain en termes de santé et de cadre de vie, en haut des critères de décisions et non pas en bas. Il s’agit de critères incontournables car la situation est critique. Il convient de se tenir aux décisions pour permettre aux filières de s’adapter et non pas de leur laisser croire qu’il suffit de peser pour faire supprimer les règles qui les importunent. Pour ce qui est du sucre brésilien, il est peut-être temps de mettre des barrières fiscales aux produits basées sur des normes environnementales et sociales dégradées. Pas de baisser nos normes pour permettre la compétition!

  2. « Au cœur de toutes ces batailles, il y a des êtres humains qui ont besoin de vivre de leur travail, d’avoir un horizon et d’être reconnus. »
    Oui et c’est vrai aussi pour les nombreuses victimes de cancer et maladies chroniques aux morbidités importantes liées aux dérèglements endocriniens engendrés par l’épandage ou l’ingestion de produits toxiques.
    Oui au cœur de ces batailles il y a aussi des citoyens lambda qui avaient un travail et qui suite à des maladies graves en lien avec l’utilisation de néonicotinoïdes , se retrouvent sans travail, sans horizon et sans aucune reconnaissance, invalides mais pas assez pour avoir droit à une pension ou une carte d’invalide, au chômage mais sans indemnités parce tout le monde n’y a pas droit, non seulement sans reconnaissance mais le plus souvent dans l’isolement, parce que le cancer et les maladies chroniques, ça fait fuir les biens portants. Quels horizons ont-ils ceux-là qui subissent aussi la pression financière de leur banquier? Qui les accompagne au quotidien pour retrouver un travail, un logement? Qui accompagne l’homme stérile dans son intimité ou la mère au foyer après un cancer hormono-dépendant? Et sa fille à qui l’on prescrit une échographie mammaire à 27 ans tout en lui interdisant la prise de contraceptifs oraux et en lui parlant comme une cancéreuse en devenir?
    A la phrase: « Cet objectif essentiel nécessite de mettre en cohérence les politiques publiques dans une approche systémique reliant alimentation saine, préservation de la biodiversité, adaptation climatique et souveraineté européenne. », j’ajouterai que les politiques publiques devraient intégrer systématiquement du bon sens et du courage. Le bon sens consisterait à mettre en parallèle les coûts engendrés par les maladies liées aux néonicotinoïdes et autres produits chimiques toxiques avec les gains générés par leur usage donc d’établir un ratio économique bien tangible. Le courage serait de dire clairement non à tous les produits chimiques dont on connait l’impact délétère sur la santé publique et de s’y tenir. A force de vouloir ménager la chèvre et le chou pour ne pas déplaire, le risque est de ne plus convaincre personne, ni les agriculteurs concernés qui se savent en sursis, ni les populations lucides qui en ont assez d’ingérer contre leur gré des substances toxiques, sans rien pouvoir faire contre l’agriculteur local qui épand en toute légalité ses pesticides à 3, 5, 10 ou 20 mètres de son habitation, même un jour où le vent souffle en sa direction, même en sachant que la terre va mettre 10 ans au bas mot à purger ces produits toxiques y compris dans les nappes phréatiques, après avoir détruit toute la micro-faune au passage.

  3. Jean-Pierre Guichard

    De nombreuses agences sanitaires mondiales ont interdit les néonicotinoides. Nous les suivons donc dans notre souhait de les interdire en France.
    Cependant quand ces mêmes agences n’interdisent pas le glyphosate et même ne lui reconnaisse aucune toxicité, y compris l’OMS et la FAO qui le classe comme « probablement pas cancérigène » dans l’alimentation, nous en France pensons le contraire et essayons de l’interdire.
    Aucune cohérence et surtout beaucoup de malhonnêteté intellectuelle afin de récolter quelques voies écolos qui, de toute façon préfèrerons l’original à la copie.

  4. Merci Frédéric pour ce commentaire modéré! Il faut aussi redire combien la culture de la betterave est particulière, pour bien comprendre la décision… pas de fleurs à butiner par exemple.
    J’espère que très vite la profession va résoudre la pb du virus de la jaunisse et vite abandonner cette classe d’insecticide si persistante.

  5. Je ne peux que rajouter à votre analyse que l’imidaclopride que j’ai plusieurs fois synthétisé , est particulièrement efficace pour les chiens .
    L’imidaclopride est utilisé pour la prévention et le traitement des infestations par les puces et le traitement des infestations par les poux broyeurs chez les chiens .
    Ce principe actif agit rapidement par contact direct du parasite avec la peau

  6. les ruraux sont bien moins malades que les citadins????
    Merci pour le foutage de gueule:
    Une étude très récente démontre que les ruraux ont 2 ans de vie en moins que la moyenne, oui les causes sont multiples(suicide d’agriculteur, pollution par les produits phytosanitaires, désert médical: plus de 18mois pour un rendez vous chez l’ophtalmologiste, de3 à 6 mois pour un dentiste, etc.… dans le Cantal, je ne parle pas de l’état des routes départementales où le 80km/h est un rêve quand on arrive difficilement a 50km/h sur la majorité du domaine routier)

  7. L’un d’entre vous ayant abordé la comparaison néonicotinoide / glyphosate je vous fais part de mon approche basée sur les publications scientifiques .
    Alors que pour les néonicotinoides , les avis sont divergents , les choses sont parfaitement claires pour le glyphosate comme vous en pourrez en juger
    La vérité scientifique sur le glyphosate

    En 2012, une étude menée par Gilles-Éric Séralini avait trouvé un excès de tumeurs chez des rats nourris avec du maïs génétiquement modifié. Six ans plus tard, une étude plus rigoureuse invalide ces résultats inquiétants.

    Quatre ans après son lancement, un projet de recherche européen visant à évaluer les risques pour la santé d’un type de maïs génétiquement modifié – le projet « G-TwYST » – vient de livrer ses conclusions dans une revue scientifique :

    Toxicological Sciences, Volume 168, Issue 2, April 2019, Pages 315 – 338

    ,https://doi.org/10.1093/toxsci/kfy298

    « Aucun risque potentiel pour les humains et les animaux n’a été identifié. »

    Tout commence en juillet 2012, lorsque la Commission européenne décide de mettre 15 millions d’euros sur la table pour évaluer l’intérêt de demander aux producteurs d’OGM la réalisation d’essais de 90 jours chez les rongeurs pour pouvoir obtenir une autorisation de commercialisation. Un premier projet, nommé « Grace » est lancé dans la foulée pour évaluer l’impact sanitaire chez des rats d’une alimentation à base de maïs MON810, une semence modifiée pour pouvoir résister aux insectes. Plusieurs dizaines de partenaires académiques de toute l’Union européenne sont impliqués. Quelques mois plus tard, en septembre 2012, la publication dans la revue Food and Chemical Toxicology d’une étude dirigée par Gilles-Éric Séralini fait grand bruit dans la communauté scientifique. Le professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen vient de montrer que des rats nourris avec du maïs génétiquement modifié ont développé des tumeurs. L’affaire est très vite relayée par Le Nouvel Observateur dans un numéro intitulé « Oui, les OGM sont des poisons ! – Les révélations d’une étude de scientifiques français »). Même si ces résultats seront par la suite invalidés par l’ensemble de la communauté scientifique en raison d’importants impairs méthodologiques, c’est un véritable coup de massue pour l’opinion publique, dans un contexte où les OGM sont déjà très critiqués. L’étude de Séralini comportait au moins deux problèmes majeurs centre de recherche sur la toxicité des D’une part il a réalisé ses expériences sur un nombre trop réduit de rats (seulement 10 par groupe testé, D’autre part, il a utilisé une lignée de rats connue pour développer naturellement beaucoup de tumeurs. Plus de la moitié des animaux de cette espèce ont un cancer avant leur deuxième année.
    Même contestée, l’étude de Séralini a tout de même lancé un débat. Une nouvelle étude, cette fois menée dans les règles de l’art, est alors nécessaire pour y voir plus clair, même si de nombreuses expériences dédouanant les OGM avaient déjà été réalisées. De là est né le projet « G-TwYST » (pour « Genetically modified plants two year safety testing ») en 2014. L’affaire a été mise entre les mains de 11 scientifiques européens qui, avant toute chose, ont eu à prouver leur bonne foi. Leurs déclarations de liens d’intérêts, consultables sur Internet, montrent qu’ils en sont tous exempts,
    Passée cette première étape, les chercheurs se sont mis à leurs paillasses. Plusieurs études ont été menées de front, toutes chez des rats. Certains animaux ont été nourris avec du maïs génétiquement modifié de type NK603 (conçu pour résister au glyphosate, un herbicide), d’autres avec le même maïs OGM traité avec du glyphosate et, enfin, un groupe « contrôle » a reçu du maïs non modifié. Ce maïs NK603 est le même que celui utilisé par le Pr Séralini lors de son expérience de 2012. Après trois mois à ce régime, rythmés par de nombreuses prises de sang et analyses d’urine, les animaux ont finalement été euthanasiés, puis examinés dans les moindres détails. Et les 05/07/2018 les résultats n’ont rien à voir avec ceux retrouvés par l’équipe de Séralini six ans plus tôt. « Il n’y a pas eu d’effets indésirables liés à l’administration de maïs OGM NK603 cultivé avec ou sans Roundup », écrivent les auteurs. Et ils ne se sont pas arrêtés là. En parallèle, ils ont mené une autre étude sur deux ans, comme l’avait fait le Pr Séralini. Contrairement à ce dernier, ils ne se sont pas contentés de 10 animaux par groupe, comme l’avait fait le biologiste, mais de 100. Et là encore, ils n’ont rien trouvé. Pas plus de tumeurs que dans le groupe nourri au maïs non modifié.

  8. Bonjour
    Je réponds à Philip Roche qui écrit « Les émissions ne cessent d’augmenter »
    Ceci est aujourd’hui inexact .
    SI 2020 est une année exceptionnelle à cause du Covid-19, elle l’est aussi par ricochet pour les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Global Carbon Project, une initiative d’une centaine de chercheurs soutenue par la Fondation BNP Paribas, prévoit une baisse inédite de 2,4 milliards de tonnes des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées aux activités humaines, soit un repli de 6,7 % par rapport à 2019. Depuis le début de l’ère industrielle, une baisse d’une telle ampleur n’avait jamais été observée, même lors des récessions de 1981, 1992 et 2009 ou au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en 1945 (- 0,9 milliard de tonnes de CO2).

    Le retrait est général. La baisse des émissions est très sensible aux États-Unis (- 12 %), dans l’Europe des 27 (- 11 %), en Inde (- 9 %). Le repli est moins fort en Chine (- 1,7 %), où les restrictions face à la pandémie, prises en début d’année, ont été plus limitées dans le temps.

    Ces prévisions (il ne s’agit pas de mesures directes) sont la moyenne de quatre modèles, dont trois nouveaux proposés cette année pour essayer d’apprécier les impacts du confinement sur les émissions réelles. La première méthode est issue de l’approche historique du Global Carbon Project qui effectue ses projections selon les prévisions du PIB (produit intérieur brut) qui sont, pour 2020, très incertaines. Celle-ci est d’ailleurs la seule à tabler sur une légère hausse des émissions en Chine.

    De -9 % à -15 % en France

    Corinne Le Quéré, professeur à l’université East Anglia et présidente du Haut Conseil pour le climat en France, a été la première à proposer une autre méthode pour tenir compte de l’intensité du confinement sur les différents secteurs polluants. Cette approche « a permis d’estimer des émissions journalières », explique Philippe Ciais, directeur de recherche au LSCE (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement). Ce dernier a lui-même contribué avec des chercheurs chinois, notamment Zhu Liu, de l’université Tsinghua à Pékin, à une autre méthode « d’ingénieurs » qui se fondent sur des « activités journalières pour chaque secteur économique transformées en émissions journalières avec des modèles calibrés sur les émissions de 2019 pour prédire celles de 2020 ».

    Enfin, la dernière approche, proposée par le physicien Piers Forster, chercheur à l’université de Leeds, repose sur les indices de mobilité de Google et d’Apple pour déduire les tendances des émissions de chaque pays. Car le taux d’usage des transports renseigne sur la sévérité des confinements dans la plupart des pays.

    Pour la France, les prévisions fluctuent, selon les modèles, entre une baisse comprise entre 9 % et 15 %. Mais pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris, il faudrait que la baisse des émissions mondiales soit comprise entre 25 % et 55 % en 2030 par rapport à 2020, selon un récent rapport du programme environnement des Nations unies. Soit une baisse comprise entre 4 % et 8 % par an, jusqu’à 2030.

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